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Texte : Olivier

Aïe, aïe, aïe ! Voilà un sujet qui suscite bien du désarroi, des désaccords, des discussions passionnantes pendant que nos copines les limaces sont en train de dévorer à foison nos jeunes semis et jeunes plantations au potager.

Quel jardinier n’a pas eu à faire à une attaque démentielle, à aller visiter son potager au beau matin en se demandant où étaient passés les jeunes plants de choux de la veille ?

Et quand on parle de choux, c’est autant des jeunes semis de radis, d’épinards, des plants de tournesols, tomates ou encore laitues à tout va ! C’est une histoire à en dégouter bon nombre d’entre nous, vraiment.  Sur ma chaîne (Le potager d’Olivier), des centaines, peut-être même des milliers de messages tous les printemps témoignent des S.0.S de jardiniers en détresse face aux limaces dans leur potager. Mais pas de panique, tout aléa a ses solutions de secours, de la plus douce à la plus radicale. Les limaces sont aussi de la vie, de la biodiversité, de la diversité tout simplement.

limace potager
Épinards, choux laitues, radis, etc. Tout y passe !

Alors il est toujours bon de bien réfléchir avant de nuire, de réguler. Mais quoi qu’il en soit, il va falloir agir sinon ce sont les limaces que vous nourrirez, bien plus que votre famille.

L’autorégulation, la foi en la nature

C’est une solution à laquelle tout jardinier débutant va prêter allégeance. La nature s’autoéquilibre. Des résidus de végétaux qui trainent à droite à gauche sauront les divertir. Les abris à insectes, haies, paillages, hébergent de la vie qui saura s’occuper d’un surplus de limaces.

Et bien des propos, des écrits, des théories, mettent en avant cette gestion « holistique » qui consiste à inclure la limace dans la vision globale d’un potager (Hervé Coves). À juste titre d’ailleurs, elles sont un élément de la biodiversité, leur bave est riche de minéraux, elles sont des êtres vivants et tuer qui que ce soit pose problème.

Seulement un potager est avant tout anthropique, de la main de l’homme. Il doit faire avec la nature quand il est biologique, avec le sol. Mais il doit tout autant se faire une place pour produire des légumes qui ne poussent nulle part ailleurs que dans un potager. Des légumes terriblement convoités, qui constituent de véritables appâts pour les limaces. Un potager reste ainsi un endroit extrêmement fragile et est pour beaucoup d’entre nous un lieu avec une finalité de production.

Un potager est avant tout anthropique, il n’est pas “naturel”

Alors ici se pose clairement la question : jardiner avec la nature oui, mais jusqu’à quel point ?

Chacun d’entre vous aura une réponse. Et cette réponse dépendra de vos ressentis, vos désirs premiers, votre acceptation de la perte possible d’un semis, d’une culture entière.

Chez moi (Olivier), j’ai choisi la non-intervention depuis que je jardine en non-travail du sol, ou du moins en travail superficiel de sol sans motoculteur ou autres engins à pétrole. J’ai hélas déchanté année après année en voyant des attaques de limaces s’amplifier saison après saison.

Le fait de pailler, de ne pas travailler le sol (et de ne pas bousculer leurs œufs…) couplé à l’humidité du printemps font un cocktail explosif.

paillage limace potager
Ces zones paillées offrent le gîte et le couvert aux limaces.

On peut se retrouver avec des centaines, voire milliers de limaces en train de tout dévorer en une seule nuit. Alors je me résous à réguler parfois avec une poignée d’anti-limaces (produit biologique) par-ci par-là au printemps.

Oh oui, je sais, ce ne sont pas des propos démagogiques qui sont tenus pour plaire aux foules. Mais je vous raconte la simple réalité et pas celle qui fait vendre. Les limaces, c’est un piège à jardinier. C’est un énorme frein à toute la passion que l’on aura mis dans notre saison.

Et ne me parlez pas d’un manque de biodiversité. Le potager est entouré de haies, d’abris. Des haies sous lesquelles s’accumulent des rondins de bois, des galets, des cailloux, des cachettes à la folie qui hébergent une biodiversité folle, hérissons, crapauds, orvets, oiseaux en tout genre.

J’ai essayé toutes les solutions douces que nous allons voir, mais non, rien n’y fait face à une invasion de limaces au potager. Et ça, seuls les jardiniers expérimentés et vrais dans leurs propos pourront vous le témoigner.

Voici quelques extraits de discussions avec nombreux de nos jardiniers qui vous montrent que tout n’est pas rose avec les limaces…

Antoine : Personnellement, les limaces, c’est un vrai problème de mi-avril à fin juin. Ce sont deux mois et demi de pression et généralement cela se calme par la suite. Elles ont tendance à s’abriter le long de mes bacs dans mes allées enherbées.

Mélanie : Personnellement, les limaces, c’est un vrai et gros problème. Et qui plus est, cela dure durant toute la saison en Belgique, et pas seulement au printemps…

Alors, voyons ensemble quelques solutions de régulations des limaces au potager, avec des degrés d’efficacité et de sévérité disparates.

Ces solutions sont connues des jardiniers. Elles peuvent limiter les dégâts, mais elles ont souvent des contreparties : manque d’efficacité face à une vraie invasion, attraction des autres limaces vers le jardin pour les appâts. Elles sont aussi parfois très chronophages. Dans une approche rationnelle du jardinage, passer 2h tous les jours à lutter contre les limaces semble peu « rentable ». Tout dépendra de vos objectifs, vos finalités…

Néanmoins, ces solutions peuvent parfois se combiner entre elles pour permettre un meilleur résultat. Vous trouverez peut-être le bon équilibre qui vous permettra de lutter efficacement contre les limaces.

Pour les solutions les plus radicales, rendez-vous en deuxième partie d’article.

Des solutions “douces” contre les limaces au potager

Piège à bière

Le plus connu des remèdes anti-limaces ! C’est vrai, il est efficace à en constater la foule de mollusques noyés dans des bols de bière au petit matin. Seulement, c’est le même effet que la bière au frigo pour le jardinier. C’est un appel à l’invitation à la maison pour les amis du quartier ! De mettre des bols de bière, vous créez un pôle d’attraction dans votre potager qui risque de noyer des limaces qui ne seraient pas venues jusqu’à vos cultures sans ces appâts qui se sentent à des mètres aux alentours.

Mesurez le pour et le contre avant d’avoir recours à cette solution.

Sans compter qu’elle a un coût. Remplir des bols ou soucoupes de bière jour après jour, ce n’est pas donné à tout le monde. Et vous entendez déjà les jardiniers bons vivants vous dire qu’il est préférable de la boire après une rude journée à semer, planter, jardinier plutôt que de la destiner à nos copines les limaces pour que les pauvres s’y noient.

Quelques virées nocturnes

Au pire du pic de population (mars, avril), elles ont pour but de récupérer des limaces par dizaines, par centaines parfois.

C’est une tâche assez pénible, surtout les soirées venteuses d’hiver où il fait très vite nuit et froid. Les plus téméraires d’entre nous pourront essayer cette solution qui clairement a son effet.

Reste à savoir quoi faire de votre récolte. Certains jettent les limaces aux poules, d’autres plus loin dans la nature. D’autres font un « couic » à coup de ciseau pour être sûr qu’elles ne reviennent pas ! Une nouvelle fois, à vous de voir… 

Antoine : Ah les sorties nocturnes avec des ciseaux… On coupe toutes les limaces que l’on croise. On a l’impression que c’est sans fin ! Mais en faisant 3 sorties à 21h, 22h et 23h (oui il faut savoir ce que l’on veut), généralement on arrive à éliminer une bonne partie de la surpopulation de limaces. À la 3ème sortie, on ne croise déjà plus grand monde.

Mélanie : je le fais à fond en début de saison, direction le potager avec une paire de ciseaux sitôt la nuit tombée. Je coupe toutes les limaces que je croise. Je ne vois pas vraiment la quantité diminuer et j’ai comme Antoine l’impression que c’est sans fin. Mais si je suis régulière, idéalement deux sorties par soirées chaque soir, ça tient!

Quelques remèdes de grand-mère

Qui n’ont jamais vraiment marché chez nous, ou de façon sporadique… autant vous prévenir !

  • Des coquilles d’œufs broyés ? Elles vous nargueront à ramper dessus.
  • Du marc de café, lessivé à la première pluie. Et il faudrait en consommer des doses que peu de jardiniers sont capables de boire !
  • Des paillages abrasifs, tiges de bourrache, rosiers : elles s’en moquent et passent au-dessus.

limace coquille d'oeuf
Inutile, malheureusement…

Denis : Comme pour les autres collègues, pas de remèdes magiques. Il y a belle lurette que j’ai classé les moyens de lutte directe en trois catégories :

• Les remèdes de grand-mère qui ne fonctionnent pas : coquilles d’œuf broyées, marc de café, sciure, cendres…

Les trucs qui peuvent contenir une pression très limitée : pièges à bière, caches associées à un ramassage, compostage de surface ;

Les solutions les plus efficaces : on en parle plus bas 😉

Des cachettes pour récupérer les limaces du potager !

Posez un peu partout dans le potager des planches de bois, des tuiles renversées, des ardoises si vous en avez, des assiettes creuses renversées. Et dans l’idéal, mettez quelques friandises sous ses cachettes. Au petit matin, vous trouverez certainement nos copines en train de s’y régaler.

limace planche de bois

Mais une nouvelle fois, cumulez avec d’autres solutions parce que combien de fois j’ai récolté à foison des limaces sous mes assiettes renversées et pour autant, c’était tout de même un carnage dans le semis tout proche…

Des déchets végétaux, résidus de restes de cuisines.

C’est une solution qui n’éliminera pas totalement le problème, mais qui pourra aider à réguler.

Mélanie : Ce qui, a l’essai, fonctionne le mieux, mais est énorme à mettre en place sur toute la saison (oui par chez moi en Belgique, l’humidité perdure sur une bonne partie de la saison et les limaces sont un souci récurrent de mars à décembre !), c’est d’étaler les déchets de cuisine juste à côté des jeunes plants. Ça ne rate pas, elles choisissent alors souvent ces déchets. Mais il faut constamment en mettre !

Guillaume : ça peut fonctionner, mais si on a des semis très jeunes, l’efficacité est relative. Les limaces sont aussi attirées par les enzymes présentes dans les jeunes feuilles de plantes. Personnellement, pratiquant le compostage de surface chez moi, je me fais quand même manger mes semis. Alors peut-être en rajouter tous les jours oui, comme le conseille Mélanie, mais ça ne colle pas avec ma façon de jardiner d’être H24 sur mes plants à les surveiller…

Dépailler pour éviter les limaces dans son potager ?

C’est une solution qui pourrait sembler efficace, se dire que l’on retire comme un abri pour les limaces. Seulement nous sommes plusieurs à l’avoir testé sans jamais constater de différence. Les attaques ont toujours lieu.

Maud : J’ai essayé de retirer le paillage. Cela n’a strictement rien changé au problème, pas plus que les soi-disant recettes miraculeuses de grand-mère !

Guillaume : ça reste quand même une technique qui est utilisée parfois en maraîchage, de venir gratter le sol en sortie d’hiver pour mettre les œufs à nu et en détruire certains. Ils sèchent durant les premières journées chaudes, exposés au soleil. Cela limite l’invasion, mais on doit prévoir plusieurs semaines en avance le semis, et l’efficacité est intéressante sur de grandes surfaces. Au potager familial, dépailler 2m² ne va pas servir à grand-chose.

Il est vrai qu’un sol paillé est surtout synonyme bien souvent d’un sol non travaillé. C’est surtout cela qui favorise les limaces. Elles ont tout loisir d’y construire leur habitat, y pondre leurs œufs. Des œufs qui ne seront jamais dérangés pour éclore et dédoubler les quantités de limaces au printemps. Alors le dépaillage est une solution qui mérite vraiment réflexion. Surtout qu’en zone trop froide ou trop chaude, il aide à réguler la température du sol.

Sans parler de ses innombrables avantages à nourrir le sol, le protéger des agressions météorologiques et favoriser une fertilité biologique.

Dépaillez éventuellement juste avant vos semis pour une plus grande facilité et praticité à semer. Mais si c’est dans le seul but d’échapper aux limaces, l’efficacité de la méthode ne sera pas optimale.

Des rails en « U inversé » ou une barrière aquatique

C’est une solution qui peut s’appliquer si vous jardinez en carré potager ou avec des bordures sur vos parcelles.

De nombreux jardiniers témoignent d’une réelle efficacité à visser sur ces bordures des rails de placo en U inversé. Les limaces sont en principe incapables de franchir cet obstacle. Seulement c’est peu esthétique, c’est un coût. Mais à écouter leurs témoignages, nous avons jugé utile de vous en parler ici. Antoine a aussi testé avec des cornières en plastique, et retrouvé des limaces bloquées dans ces cornières.

solution limace potager 4

Denis : Je place mes plants sur pilotis, sur des supports avec les pieds dans l’eau (sceaux, bacs, coupelles…). Mais de temps en temps, les arrivent à faire l’acrobate et à s’étire pour finalement franchir la barrière aquatique. Il faut donc quand même être vigilant…

Les hérissons

L’efficacité est bien moins conséquente que celle des canards que nous verrons en fin d’article. Oui une famille de hérisson pourra vous grignoter quelques limaces. Mais de là à réguler une invasion, c’est avoir beaucoup d’optimisme en la loi d’autorégulation.

« Ils sont comme nous, ils n’aiment pas spécialement manger des limaces c’est répugnant. Non, ils en mangent s’ils n’ont rien d’autre » racontait Marie Agnès Guichard, présidente de l’association ‘Le hameau des hérissons‘, à Guillaume, lors d’un reportage pour la revue du potager permacole

Semer ou planter des végétaux répulsifs pour les limaces

Encore une solution qui montre une efficacité assez modérée. Il faudra forcément la coupler à bien d’autres pratiques pour espérer contenir une grosse invasion. Ces végétaux joueront le rôle de martyr.

Planter de la moutarde, du trèfle, des cassis, de la bourrache, de l’absinthe, de l’armoise, de la capucine, du cerfeuil de la sauge… pour espérer diminuer la pression des limaces ?

Honnêtement, j’ai l’ensemble de ces végétaux au milieu de mes cultures, les vidéos tout au long de la saison les montrent. C’est beau, c’est magnifique même et quel ressenti de biodiversité avec les odeurs qui parfument à tout va. Mais vous devinez la suite… cela ne m’a pas empêché d’avoir de grosses attaques.

Protéger vos plantules des limaces

Solution efficace qui consiste à isoler vos plants grâce à une protection, souvent en plastique.

• Une demi-bouteille retournée, bien enfoncée en en terre et les plants seront difficilement attaquables. Votre potager perdra en esthétique s’il est inondé de ces bouts de plastique à tout va, mais il faut parfois savoir trouver un juste compromis entre beauté et survie de nos plants !

• Autre solution pour protéger vos plantules et par le même temps leur offrir un peu plus de chaleur au début du printemps, le voilage de forçage P17. Antoine nous raconte son expérience.

Antoine : Je me mets soit à plat ou sur des arceaux, avec sur les bords des tubes IRL remplis de sable bien appuyés contre le sol. Ils empêchent les limaces et autres ravageurs de rentrer. Couplé à un peu de ferramol, ça fait des miracles.

• Nous avons aussi vu des barrières à l’aide de bogues de châtaignes. Mais en réalité, elles en font souvent abstraction.

Planter des plants costauds

Pour sauver bon nombre de plantations, rempotez vos plants dans des godets plutôt que de planter des plants trop petits. Attendez alors qu’ils atteignent une taille correcte.

solution limaces potager 5
Encore 5/6 jours et ces plants pourront être plantés.

Les limaces auront bien plus de mal à en venir à bout ! Certes, cela est consommateur d’un peu plus de terreau, mais le jeu en vaut la chandelle. Avec des plants bien costauds, les limaces n’auront pas le dernier mot !

Je peux témoigner (Olivier) : dernier souvenir concret en date, des plants de tournesols. L’image était frappante de voir au beau matin mes jeunes plantules en pleine terre littéralement transformées en hôtel à limaces ! Les têtes de plants avaient disparu et les tiges commençaient à se faire dévorer elles aussi. Ma solution de secours a été d’avoir des plants rempotés en godet individuel de 10×10. Les plants de tournesols s’y sont endurcis, bien développés. J’ai pu remplacer mes plants dévorés, 10 jours plus tard par des plants plus costauds qui ont résisté sans broncher à d’éventuelles attaques de limaces. Mais toujours veiller d’un œil quoi qu’il en soit, même des deux !

Antoine : Je fais au maximum mes plants en semis à l’abri que je repique bien grands après les saints de glace. Les limaces ne s’intéressent généralement qu’aux plantules et leurs dégâts sont souvent supportables sur les plants avancés.

Guillaume : Je fais ça systématiquement au printemps, sur les laitues notamment et les choux. Très peu de semis directs, ou alors je sème très dru, en surdensité, pour espérer qu’il en reste assez pour nous.

Denis : Pour tous les légumes (et les fleurs) qui le supportent, je fais mes plants en godets, les plus costauds possibles pour qu’ils résistent aux attaques, et en surnombre pour remplacer les éventuelles destructions. J’adapte aussi les choix de certaines espèces cultivées, quand c’est possible, avec par exemple les salades rouges (grenobloise, sierra, …) : elles sont moins appétentes pour les limaces.

Les solutions radicales contre les limaces au potager.

Ici, une solution radicale qui porte à débats entre les jardiniers : le ferramol. Et pourtant, ce n’est pas forcément un mal, vous le verrez.

Les deux autres solutions sont plus contraignantes : elles impliquent des animaux.

Les produits anti-limaces (non toxiques !)

Vous les trouverez dans toute bonne jardinerie ou magasin de bricolage. Et nous parlons de ferramol, pas de métaldéhydes, très toxiques pour la faune.

Le ferramol est biologique, à base de fer. Seulement ces granulés sont hautement concentrés et leur ingestion par les limaces entraine une issue sans équivoque : la mort et par voie de conséquence la survie de vos plants. Si selon votre ressenti, vous estimez que la mort de ces limaces est peu de chose comparativement à la joie de produire sa propre nourriture, agissez ainsi. Elles ne sont pas en voie de disparition, rassurez-vous.

Antoine : Il y a naturellement l’orthophosphate de fer appelé plus couramment le ferramol. C’est un produit non polluant et qui est même un engrais. À appliquer une semaine avant le semis ou les plantations de jeunes plants. Il faut prendre ce délai en amont parce que ces produits biologiques ne sont pas aussi radicaux que les très toxiques métaldéhydes qui sont d’ailleurs interdits pour les particuliers. Il faut plusieurs jours pour que la limace qui les a ingérés meure. L’inconvénient du ferramol est qu’il fond facilement. Sur les bâches tissées (notamment celle que  j’utilise pour les cucurbitacées, très sensibles aux limaces), il résiste mieux.

Guillaume : Pour ma part aucune (ou presque…) culpabilité à utiliser du ferramol. C’est le seul produit que j’utilise, de l’ordre 300 à 400 grammes par an maximum. 300 grammes d’un produit dangereux uniquement pour les mollusques, pour espérer récolter des centaines de kilos de légumes sur tout le potager. Le coût environnemental de mes légumes sera toujours inférieur à ceux des supermarchés et des magasins bio. Sans parler des efforts que je fais à côté pour la biodiversité.

Je rappelle que la dose prescrite est de 5 à 10 grammes au mètre carré. On en récolte des choses sur 1m² ! Alors pour moi, le jeu en vaut la chandelle. Je mets du ferramol si besoin 2/3 jours avant la plantation, ou alors le jour du semis dans le cadre d’un semis direct. Plus de stress, des résultats sans équivoque, pour quelques euros… Pourquoi le ferramol fait-il tant débat ? Ma théorie : il est souvent associé aux métaldéhydes, très toxiques.

Le ferramol n’est pas non plus une solution miracle : l’extraction du phosphate vient des mines de phosphore… Tant que la ressource est présente, c’est utile. Mais dès lors qu’elle sera épuisée, il faudra trouver d’autres solutions !

Les poules : arme redoutable contre les limaces au potager

L’expérience de Maud se suffit à elle-même pour vous témoigner cette solution radicale contre les limaces !

Maud : j’ai d’abord essayé toutes les astuces de grand-mère qui ne marchent absolument pas (ou alors chez les gens qui n’ont jamais eu une VRAIE invasion de limaces). J’entends par là, nourrir les limaces avec des déchets végétaux et du compostage de surface, épandre de la cendre, de la sciure, des coquilles d’œufs ou encore mettre des planches pour les ramasser manuellement à la tombée de la nuit, pièges à bière, invocation du grand esprit chaman avec danse de la limace à la pleine lune… ! On ne va pas se mentir, tout cela ne marche pas face à des grosses attaques de limaces !

En désespoir de cause, j’ai aussi utilisé du ferramol (et ça marche) sauf que je n’aime pas trop les intrants. J’aime essayer de faire au mieux possible avec les ressources présentes sur place. Le coup d’attendre l’équilibre et les prédateurs naturels, je pense que c’est très bien. Mais en attendant, il faut bien manger ! Donc j’ai fait venir le prédateur moi-même, prédateur ultime qui bouffe tout ! Œufs, larves, limaces, insectes, tout tout tout, je vous parle de LA POULE !

Pendant deux à trois mois en hiver, je lâche les poules dans les parties non cultivées du potager. Et là, c’est simple, plus aucun problème de limaces le printemps venu ! Je précise que comme Antoine, je prépare une grande majorité de mes plants en godets pour les planter quand ils sont grands et ajouter une garantie supplémentaire à résister à quelconques attaques de limaces.

Les canards coureurs indiens, et les autres !

Je me souviens ce dernier reportage chez Marie Chioca, grande cuisinière et jardinière qui me racontait l’efficacité phénoménale des canards pour réguler les limaces.

Bon autant vous dire, ils auront moins de pitié encore que le plus redoutable des produits anti-limaces. Ils vont dévorer le moindre mollusque, le dénicher sous les paillages, les herbes folles.

Damien Dekarz, grand acteur de la permaculture, raconte lui aussi l’efficacité de ces animaux pour venir à bout des limaces. Seulement, comme toute solution, il n’y a pas que des avantages sinon ce serait trop beau. Les canards sont des animaux, il leur faudra de la surface, de l’attention, du temps, un abri. Et parfois ils mangeront autre chose que les limaces, notamment quelques jeunes plants…

Retour d’expérience de Damien Dekarz sur les limaces dans son potager

Alors sinon, les lâcher dans le potager en hiver pour faire le ménage avant de passer le potager en culture. Pour le cas de Damien, il cultive dans des bacs bien surélevés, les canards n’y ont pas accès et nettoient tout le jardin autour des bacs.

canard solution limace potager
Damien cultive dans des bacs surélevés là où sont les canards.

Maud : Pour ceux qui voudraient lâcher des canards dans le potager, j’aurais beaucoup à dire. Je connais très bien le sujet. Certes les canards vont se régaler de limaces, mais il faut aussi parler d’une évidence. Les canards coureurs indiens, comme tous les canards, ça mange des végétaux ! Et puis accessoirement, ils tassent le sol (pattes palmées). Cela forme une croûte horrible en surface. Toutefois, pour ceux qui voudraient quand même lâcher des canards dans le potager, je tiens à préciser que le coureur indien n’en mange pas plus (ni moins) que n’importe quel autre canard domestique.

Guillaume : j’ai testé les coureurs indiens. Ils n’aiment pas mon potager et filent en courant vers le poulailler. J’aurais dû les habituer dès leur enfance. Les canards sont comme nous, ils ont leur propre personnalité. Comme chaque canard ou chaque poule est différent, on ne peut pas avoir les mêmes résultats partout…

Au final, les limaces reflètent toute cette diversité. Une diversité biologique, une diversité d’approche, une diversité de ressentis face à un aléa conséquent que l’on retrouve chaque saison au potager. Cet article est là pour vous offrir un éventail de solutions, vous donner les cartes en mains pour lutter contre les limaces au potager, ou les laisser faire avec le risque de perdre des récoltes… À vous maintenant d’agir et poser carte sur table selon vos objectifs premiers à faire du potager 😉

Bonne chance dans votre lutte !

Aller plus loin avec notre podcast sur les limaces au potager

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