La laitue est l’une des cultures les plus pratiquées dans nos potagers. À juste titre, tant il est agréable de croquer des feuilles d’une fraîcheur absolue, sans traitement, directement du potager à l’assiette. Quel contraste avec celles, vite défraîchies, du commerce ! Je vous propose dans cet article de vous exposer comment je procède pour en produire tout au long de l’année : d’un premier semis très précoce jusqu’au dernier semis tardif de la saison, chacun ayant ses spécificités. En avant pour manger à tout va de la bonne verdure produite chez soi !
Sommaire
Le premier semis de l’année
Dès janvier, je lance un premier semis ! Mais attention : il est important de contextualiser pour ne pas envoyer tout le monde au casse-pipe en semant trop tôt. Cet itinéraire vise à planter les premiers plants en extérieur dès début mars, sous serre ou sous mini-tunnel, et sous climat assez doux avec un printemps vite installé. Si vous êtes en climat froid avec un hiver qui se prolonge, et que vous ne pouvez pas installer vos laitues sous abri, décalez ce premier semis d’au moins un bon mois ! Je dirais même deux mois pour les climats les plus rigoureux, sans équipement pour réchauffer un peu l’air. Tout est question de contexte, de météo et de matériel.

Par ici, sous climat doux et avec un peu d’équipement pour faire grimper la température en journée, en avant donc pour un premier semis début janvier ! Bien sûr, je m’installe sous abri pour les premières semaines. Je sème en barquette : c’est la méthode que je trouve la plus simple et la plus économique pour démarrer ce semis. Hop ! Une graine tous les 1 à 2 cm dans tous les sens, et le tour est joué. On humidifie bien le terreau, on veille à une bonne température tant que les graines n’ont pas germé. Ici, j’installe ma barquette tout simplement à la maison, dans ma pièce-bureau, sur une simple étagère.
La germination
La durée de germination dépend totalement de la température. À 20 °C, vous verrez les premiers petits plants sortir du terreau en moins d’une semaine. À 10–15 °C, comptez 10 à 15 jours. Et à 5–10 °C, avec une barquette laissée dehors, comptez plutôt 20 jours. En dessous de 5 °C, le semis échoue : les graines finissent par pourrir avant de pouvoir germer.
La lumière, point crucial
Une fois la germination effectuée, c’est là que nombre de jardiniers commettent la grosse erreur de ne pas accorder assez d’importance à la lumière. Résultat : un semis qui file, des plants trop fins qui s’écroulent puis meurent. Pour l’éviter, exposez absolument votre barquette à un maximum de luminosité. Bien souvent, je la sors dans la serre : il y fait froid en janvier, mais peu importe ! Le semis résiste au gel. Je peux toujours couvrir de voiles le soir si de fortes gelées sont annoncées. Autre option : laissez la barquette à la maison derrière une grande baie vitrée plein sud, ou dans une véranda. Et mieux encore (mais plus énergivore) : installez des lampes LED spéciales semis pour apporter 12 à 14 h de pleine lumière. Les jeunes plants auront alors des conditions idéales. À vous de voir, mais n’allez surtout pas faire l’erreur d’un semis trop chaud et trop peu lumineux.
Le repiquage
Lorsque les jeunes plants atteignent 4 à 5 cm, avec de belles petites feuilles, il est temps de repiquer en godet individuel pour donner à chacun un bon espace vital. Vous pouvez éviter cette phase en semant directement dans des plaques alvéolées (petites alvéoles de 3 cm de diamètre), mais cela prend plus de place dès le départ et demande un terreau très fin et riche pour nourrir les plants plusieurs semaines. Je m’installe donc dans la serre pour repiquer ma quarantaine de plants dans des godets de 7 × 7 cm. Tous ces godets restent en serre : la place manquerait vite à la maison. Ils patientent ainsi un bon mois, profitant des journées ensoleillées qui offrent 10 à 15 °C sous abri. Début mars, les godets sont implantés en pleine terre, sous petit tunnel, pour espérer les premières récoltes dès début avril.

Le choix des variétés précoces
Pour ce premier itinéraire, le choix variétal est essentiel. Certaines laitues sont bien plus précoces, capables de pousser avec peu de chaleur. Privilégiez-les pour les semis de début de saison. Je pense à la Gotte jaune d’or, à la Appia (plébiscitée notamment par Jacquot sur sa chaîne Les bons conseils d’un jardinier) ou encore à la Reine de Mai, qui donne de beaux résultats dès avril sitôt que la chaleur s’installe un peu.
Les semis de printemps
Lorsque je plante le premier lot, j’en lance aussitôt un nouveau. Début mars, je sème à nouveau une cinquantaine de graines (car le taux de germination n’est jamais de 100 %). Cet itinéraire donnera des récoltes pour mai et juin. En cueillant les jeunes laitues au fur et à mesure, on peut récolter sur plus d’un mois les plants issus d’un même semis.
Mais attention à ne pas semer trop à la fois, sauf si vous êtes une grande famille ! À cette période, les laitues peuvent vite monter en graines avec les premières fortes chaleurs. Pour ces semis de pleine saison, faites-vous plaisir : explorez de nouvelles variétés. L’an dernier, la Rouge grenobloise m’a ébloui par ses feuilles resplendissantes, croquantes : un vrai régal !
La pause estivale
En été, je mets la culture en pause. Le potager regorge d’autres récoltes ; on remplace les salades vertes par les salades de saison : tomates, concombres, et bien d’autres plaisirs.
Les semis d’arrière-saison
Dès début août, je relance un nouvel itinéraire. Vous pouvez le faire plus tôt si, chez vous, la chaleur retombe vite en septembre. Les laitues détestent les fortes températures, c’est pourquoi, ici dans le Sud, je ne sème qu’en août pour implanter les plants à partir de la mi-septembre, lorsque la météo redevient idéale. Sous climat plus frais, plantez dès le mois d’août. Avec des journées encore chaudes, les plants sont prêts en 5 à 6 semaines, contre 8 semaines en tout début de saison. Début à mi-septembre, j’implante donc ce nouveau lot en pleine terre, sans tunnel ni serre.
Les récoltes d’automne et d’hiver
On mange beaucoup de laitues en arrière-saison : souvent deux par soir à nous quatre ! Je ne tarde donc pas à enchaîner d’autres semis. Début puis mi-septembre, je lance à chaque fois une cinquantaine de plants pour nous régaler jusqu’en hiver. L’avantage : les laitues se conservent très bien, sans risque de monter en graines, avec des températures plus fraîches. Ainsi, on récolte parfois des laitues 30 à 40 jours après leur maturité complète.
Si vous disposez d’une serre, vous pouvez récolter presque jusqu’au printemps suivant. La culture résiste à des gels de –5 °C environ (voire plus si elle est encore jeune). On peut même ajouter un voile si de fortes gelées sont annoncées. Avec des semis jusqu’à mi-septembre, vous prolongez largement vos récoltes.
En conclusion
Même en multipliant les semis, nous manquons parfois de laitues ! D’abord parce que nous en sommes de grands consommateurs, presque tous les soirs hors été. Ensuite parce que je ne dispose pas d’une grande serre pour maximiser les récoltes hivernales. Mais je progresse chaque saison : je multiplie les plantations de septembre et octobre, je choisis de belles variétés tardives comme la Merveille d’hiver ou la Brune d’hiver, et je gagne peu à peu en autonomie.
Voilà comment, ici, nous profitons de centaines de laitues au fil de la saison. Je peux vous garantir un plaisir absolu à les consommer soir après soir, surtout accompagnées de quelques jeunes pousses de mesclun (notamment les asiatiques) qui relèvent goût et couleurs. Alors, en avant pour semer vos laitues !
En bonus : la vidéo tutoriel de notre almanach
Si le thème des semis vous intéresse, sachez que l’on propose un almanach complet de 250 pages avec tous les semis de l’année à faire pour récolter en permanence dans votre potager. Cet almanach est décliné en 3 climats, avec à chaque fois une centaine d’actions à réaliser dans l’année pour être sûr de ne rien louper.
L’offre almanach comprend également plusieurs dizaines de vidéos tutoriels pour de nombreuses cultures et pour réussir ses semis. Nous avons décidé de vous partager le tutoriel pour les laitues. En plus des indications précises pour chaque semis de l’année à faire, une vidéo vous est proposée pour bien visualiser les techniques en image. La voici :
À très vite, amis jardiniers !










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